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TUNISIAN CREATIVE WORKSHOP

News/Events
Tuesday September 18, 2018

Publisher's Notes
25
Aug 2013
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Written by W19

"I think we should only read books that bite and sting. If the book we read fails to wake us up with a good smack on the head, why bother reading it (...) A book must be the pick axe that breaks the frozen sea inside us. That's what I think."

Letter From Franz Kafka to his friend Oskar Pollak in 1904, quoted by Alberto Manguel in A History of Reading

 
With the publication of their first book in Arabic, the workshop19 publishing house opens the second chapter of its young history. After several months of research, readings and discussions, we decided to start our activities as publishers in Arabic by publishing a collection of ten short stories by Ferchichi Farouk, a young engineer and blogger who writes primarily in literary Arabic, while injecting Tunisian Arabic dialect in his characters' dialogue.

This collection, entitled "Skip the line" could possibly usher in a new era of Tunisian Arabic literature, that of post-dictatorship but not yet democracy. In a society in turmoil, seeking the path to its future, written literature can play a role.

First of all, it's a mirror sending an image of society back on itself that leads readers to ponder and reflect starting from the surprise, amusement, astonishment and a "shocking " aroused by reading.

Then the role of "tour operator," taking the reader on a journey of unexpected, unforeseen steps, during which he or she discovers him or herself from a fact, a description, a vicissitude, a character, in brief a detail of the story born of the author's imagination.

Then a role as a multiplier of lives. Reading the adventures of fictional characters, I can identify with them, put myself in their place, dreaming of taking their place, in brief, see myself changing my life.

Finally, a role as catalyst. Every writing person is first a reader. It is above all by reading that one senses the urge to write. We hope thus that new authors, male and female, shall appear from among the readers who have been "bitten and stung" by the stories of Farouk Ferchichi. We are here for them.

FG / RBF, 08/16/2013

Translated by John Catalinotto

Mots-clé:Farouk Ferchichi  Littérature arabe  Tunisie  

 
30
Oct 2012
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Fausto Giudice, Tunis, 21 octobre 2012 - Ça y est, workshop19 existe ! Il aura fallu un an pour que ce projet devienne une réalité, avec la publication de notre premier livre. La réalisation de ce projet a coûté beaucoup de sang, de larmes et de sueur, mais nous y sommes arrivés. Paraphrasant Napoléon, on pourrait dire : " المستحيل موش كلمة تونسية " [al mosta7il mouch kilma tounssiya-Impossible n'est pas un mot tunisien].

Le 5 janvier 2011, alors que je vivais encore en France, j'ai su que Ben Ali n'en avait plus pour longtemps, lorsque j'ai appris qu'au lendemain de la mort de Mohamed Bouazizi, date de la rentrée scolaire et universitaire, les élèves et étudiants se mettaient en grève aux quatre coins du pays. Je me suis donc préparé à retourner dans le pays où j'avais grandi, et où je n'avais pu mettre les pieds durant les 23 ans de la dictature.

 En revenant à Tunis, j'ai découvert au fil des mois une société en pleine effervescence et atteinte de graves maladies. Parmi ces maladies, la plus sérieuse me paraît être l'ignorance. Une ignorance cultivée et entretenue par le pouvoir pendant des décennies.

 Le livre est un des outils permettant de combattre l'ignorance. Le grand poète espagnol Federico García Lorca a exprimé cela mieux que je ne le saurais faire. Voici ce qu'il déclara dans son discours d’inauguration de la bibliothèque publique de sa ville natale, Fuente de Vaqueros (Grenade) en septembre 1931 :

Un demi-pain et un livre

Quand quelqu’un va au théâtre, à un concert ou à une fête quelle qu’elle soit, si le spectacle lui plaît il évoque tout de suite ses spectacle qu’avec une légère mélancolie. C’est cette mélancolie que je ressens, non pour les membres de ma famille, ce qui serait mesquin, mais pour tous les êtres qui, par manque de moyens et à cause de leur propre malheur ne profitent pas du suprême bien qu’est la beauté, la beauté qui est vie, bonté, sérénité et passion.

C’est pour cela que je n’ai jamais de livres. A peine en ai-je acheté un, que je l’offre. J’en ai donné une infinité. Et c’est pour cela que c’est un honneur pour moi d’être ici, heureux d’inaugurer cette bibliothèque du peuple, la première sûrement de toute la province de Grenade.

L’homme ne vit pas que de pain. Moi, si j’avais faim et me trouvais démuni dans la rue, je ne demanderais pas un pain mais un demi-pain et un livre. Et depuis ce lieu où nous sommes, j’attaque violemment ceux qui ne parlent que revendications économiques sans jamais parler de revendications culturelles : ce sont celles-ci que les peuples réclament à grands cris. Que tous les hommes mangent est une bonne chose, mais il faut que tous les hommes accèdent au savoir, qu’ils profitent de tous les fruits de l’esprit humain car le contraire reviendrait à les transformer en machines au service de l’État, à les transformer en esclaves d’une terrible organisation sociale.

J’ai beaucoup plus de peine pour un homme qui veut accéder au savoir et ne le peut pas que pour un homme qui a faim. Parce qu’un homme qui a faim peut calmer facilement sa faim avec un morceau de pain ou des fruits. Mais un homme qui a soif d’apprendre et n’en a pas les moyens souffre d’une terrible agonie parce que c’est de livres, de livres, de beaucoup de livres dont il a besoin, et où sont ces livres ?

Des livres ! Des livres ! Voilà un mot magique qui équivaut à clamer : « Amour, amour », et que devraient demander les peuples tout comme ils demandent du pain ou désirent la pluie pour leur semis.

Quand le célèbre écrivain russe Fédor Dostoïevski - père de la révolution russe bien davantage que Lénine - était prisonnier en Sibérie, retranché du monde, entre quatre murs, cerné par les plaines désolées, enneigées, il demandait secours par courrier à sa famille éloignée, ne disant que : « Envoyez-moi des livres, des livres, beaucoup de livres pour que mon âme ne meure pas ! ». Il avait froid ; ne demandait pas le feu, il avait une terrible soif, ne demandait pas d’eau, il demandait des livres, c’est-à-dire des horizons, c’est-à-dire des marches pour gravir la cime de l’esprit et du cœur. Parce que l’agonie physique, - biologique, naturelle d’un corps, à cause de la faim, de la soif ou du froid, dure peu, très peu, mais l’agonie de l’âme insatisfaite dure toute la vie.

Le grand Menéndez Pidal - l’un des véritables plus grands sages d’Europe -, l’a déjà dit : « La devise de la République doit être la culture ». la culture, parce que ce n’est qu’à travers elle que peuvent se résoudre les problèmes auxquels se confronte aujourd’hui le peuple plein de foi mais privé de lumière.

 

 

 


 

 

 

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