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Jeudi Novembre 23, 2017

15
Ao 2013
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par Rabha Attaf, Destimed, 15/8/2013

Le massacre annoncé à eu lieu. A l’aube du 14 août, l’armée égyptienne a donné l’assaut des places occupées, au Caire, par les Frères Musulmans (FM) et leurs partisans. La fracture est désormais consommée, le sang a coulé... Et continuera de couler. Bilan : 2 200 morts selon la chaîne qatarie Al-Jazeera contre 258 selon le ministère égyptien de la Santé. L’état d’urgence a été officiellement décrété. Un couvre feu instauré dans 11 des 27 provinces, où les gouverneurs ont été remplacés par des militaires. L’heure est au rétablissement de l’ordre par la force, ce qui n’empêche pas les manifestations de se poursuivre dans différentes grandes villes du pays où des églises ont été incendiées -sans que l’on sache exactement par qui- accentuant ainsi le chaos qui semble s’installer. Car, un point de non retour vient d’être atteint. La répression sanglante des manifestants met un terme à toute possibilité de dialogue politique. Désormais, une logique des camps est prévisible, entre partisans de la légitimité des urnes (Frères Musulmans et plus largement pro-Morsi) et partisans du coup d’état militaire. Les Égyptiens sont maintenant sommés de choisir leur camp, malgré la tentative de création d’une « troisième voie » (ni dictature militaire, ni islamistes) par des militants se réclamant de « la révolution du 25 janvier ».

La tournure des événements est telle que le vice-président et Prix Nobel de la paix Mohamed El-Baradei vient de donner sa démission, se désolidarisant ainsi de la répression. «  Il m’est devenu difficile de continuer à assumer la responsabilité de décisions avec lesquelles je suis en désaccord et dont je crains les conséquences », a-t-il écrit au président par intérim, Adly Mansour, pour expliquer sa décision. Sa principale mission -à savoir servir d’interface entre le gouvernement mis en place par l’armée et la communauté internationale- est, en effet, désormais intenable. Et ce, d’autant que plusieurs pays, dont les États-Unis et la France, ont condamné le recours à la force contre les manifestants, et que le Secrétariat général de l’ONU a été saisi.
Bref, la destitution du Président Mohamed Morsi par l’armée, l’éviction des Frères musulmans du jeu politique et leur diabolisation, en cours, laisse en effet augurer le pire... Y compris un scénario à l’algérienne quelque peu égyptiannisé ! Car, même si le rapport de force n’est pas objectivement en leur faveur, les Frères Musulmans vont continuer à mobiliser leurs partisans, accusant le général Sissi, dont ils demandent la démission, de vouloir précipiter l’Égypte dans la guerre civile. Précisons que la mort des filles respectives des leaders FM Kheirat El-Shater et Mohamed El-Beltagui durant l’assaut de la place Rabaa El-Adawiya, ne risque pas de calmer les esprits ! Un radicalisme qui rappelle celui des partisans du Front Islamique du Salut, le 12 janvier 1991, au lendemain du coup d’état militaire qui avait mis brutalement fin aux premières élections démocratiques en Algérie et précipité le pays dans une décennie sanglante. Le fait est qu’entre l’armée et la menace d’un « chaos organisé », les Égyptiens vont malheureusement être contraints de renoncer à leurs aspirations démocratiques !

 


Égypte : une impasse dangereuse !

 

par Rabha Attaf, Destimed, 13/8/2013

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Discussion animée entre les enseignants et un général devant le ministère de l’Éducation nationale le 1er mars 2011 au Caire (photo extraite de l’ouvrage de Rabha Attaf " Place Tahrir, une révolution inachevée")
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Meeting des Frères Musulmans à Hourgada en présence de Mohamed el Beltagui (photo extraite de l’ouvrage "Place Tahrir, une révolution inachevée")

Alors que le président déchu Mohamed Morsi, placé arbitrairement en détention préventive depuis le 26 juillet dernier, vient d’être officiellement inculpé d’implication, présumée, dans des événements meurtriers survenus au début de l’année 2011 - des opérations imputées au Hamas et visant les forces de sécurité- ses partisans continuent leur sit-in sur la place Rabaa El Adawiya et à l’université du Caire.
Les rumeurs insistantes, relayées par les médias, dont la chaîne qatarie Al-Jazeera, annonçant une évacuation imminente des lieux de rassemblement, des centaines de partisans de Morsi, en provenance du Caire mais aussi de province, sont venus renforcer les occupations. Selon Al-Jazeera, 35 brigades des forces spéciales avaient été déployées en prévision, mais l’évacuation prévue effectivement pour le 12 août a été finalement reportée. La présence en nombre de médias internationaux sur les lieux n’est sans doute pas étrangère à cette décision !
Sans oublier la mise en garde adressée au gouvernement égyptien par les États-Unis et l’Union européenne quant à sa « responsabilité particulière dans la sécurité et le bien-être de tous citoyens  ». Parlant d’une impasse dangereuse lors de leur récente mission au Caire, John Kerry et Catherine Ashton décrivaient en effet « une situation fragile qui porte en elle non seulement le risque de plus de violence et d’une plus grande polarisation de la population, mais empêche aussi la relance économique qui est si essentielle au succès de la transition en Égypte  ».
Parallèlement, l’initiative de récente réconciliation lancée par la grande mosquée Al-Azhar, la plus haute autorité de l’islam sunnite en Égypte, a elle aussi capoté. Et pour cause : les Frères musulmans, restés jusqu’à présent intransigeants devant toutes les offres de dialogue du gouvernement, sont encore plus remontés contre Al-Azhar. Dans un discours jusqu’au-boutiste, dimanche à Rabaa al Adawiya, le très populaire Frère musulman Mohamed el Beltagui avait comparé les manifestants aux compagnons du prophète assiégés par les mécréants. Parmi les personnalités fustigées : le cheikh Ahmad el Tayeb, grand imam d’al-Azhar !
Le bras de fer qui s’est engagé depuis le coup d’État du 3 juillet dernier, entre le pouvoir mis en place par l’armée et les partisans de Mohamed Morsi, n’est donc pas près de se terminer ! Et ce, d’autant que la détention de ce dernier vient d’être prolongée de 15 jours par la justice égyptienne. Un signal ferme en direction de ses partisans pour leur signifier que le rapport de force n’est pas en leur faveur et que le président déchu demeurerait l’otage de leur entêtement !
Autant dire que cette énième crise politique risque de connaître, comme les précédentes, un dénouement violent !

 

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