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Dimanche Mai 28, 2017

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par Rabha Attaf, Destimed, 23/8/2013

La libération de Hosni Moubarak, le président déchu en février 2011, et sa mise en assignation à résidence dans un hôpital militaire, ce jeudi 22 août, vient de sonner le glas à deux ans et demi de contestation révolutionnaire.Un tweet qui circule actuellement en Égypte ne s’y trompe d’ailleurs pas : « Moubarak libre, Morsi en prison, El-Baradei à Vienne, retour en 2010 » !
Les tenants du régime Moubarak, les foulouls (les restes), tel qu’on les désigne en Égypte, ont en effet de quoi se réjouir. Depuis la destitution par l’armée de Mohamed Morsi, le 3 juillet dernier, suivie de la répression sanglante des Frères Musulmans et de l’arrestation des principaux leaders du Parti le la Liberté et de la Justice (la branche politique des FM), leurs principaux adversaires organisés sont neutralisés. Désormais, la voie royale de la réhabilitation leur est ouverte. Le comble est que ces conservateurs se sont appuyés sur le mouvement prétendument révolutionnaire Tamarod, pour mettre en place une tactique digne du cheval de Troie. Durant un an, à l’affût des moindres erreurs de Mohamed Morsi, les partisans de Moubarak n’ont eu de cesse de fustiger « l’islamisation de l’administration égyptienne » à travers leurs relais médiatiques et institutionnels. Ils ont, in fine, facilité la collecte des signatures de la pétition demandant la destitution du président Mohamed Morsi, notamment grâce à leurs réseaux toujours actifs dans tous les gouvernorats d’Égypte. Le succès des manifestations du 30 juin dernier, qui avaient réuni des millions d’Égyptiens au Caire, mais aussi dans les principales grandes villes d’Égypte, leur est en grande partie imputable. Un succès à la faveur duquel l’armée a pu faire son coup d’État et lancer la répression sanglante de la principale force organisée du pays.
Ainsi, après deux ans et demi de contestation populaire, d’élections menées au pas de charge, de cafouillages institutionnels -notamment autour de l’adoption de la nouvelle constitution dont l’article clef est l’interdiction au pouvoir civil de s’immiscer dans le budget et les affaires de l’armée- les conservateurs de l’ère Moubarak ont désormais le vent en poupe. Et ce, sur fond de clivage artificiel de la société égyptienne entre laïcs et islamistes, clivage renforcé par un climat d’insécurité et d’attentats terroristes. Bref, la mise en place d’une stratégie de la tension qui rappelle les années 1970 en Europe, avec la création par l’OTAN des réseaux « Gladio » pour endiguer le succès des Partis Communistes en Italie, en France, en Allemagne et en Belgique, et le plan Condor en Amérique Latine destiné à étouffer les mouvements révolutionnaires. Sans oublier, la matrice de ce plan machiavélique, c’est à dire « la guerre contre-insurrectionnelle » menée par les services secrets français en Indochine puis en Algérie. Une guerre réactivée au nom de « la lutte antiterroriste » dans les années 1990 en Algérie pour éradiquer, au sens propre du terme, l’islamisme politique.
Depuis le coup d’État militaire du général El-Sissi, l’Égypte plonge petit à petit dans une situation similaire, fermant ainsi l’épisode « révolutionnaire » pour s’engouffrer dans la voie de la restauration par le haut de l’ancien régime, sous un nouveau visage. La boucle sera ainsi bouclée, même si l’on peut déjà prévoir qu’elle ne le sera pas sans résistance de la part des islamistes mais aussi des mouvements révolutionnaires de la société égyptienne... Et donc pas sans effusion de sang !

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